Comme disait Montaigne, "Chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage". Ce qui se conçoit aisément pour les figues et les orgues, qu'on côtoie tout de même peu, mais aussi pour les Parisiens. Donc voilà. Je pense que les Parisiens sont des Barbares. C'est dit. Pierre peut me jeter la pierre, mais je n'en démordrai pas. Rien, ici, n'est visiblement de mon usage. J'en ai eu la claire démonstration l'autre soir quand, pétrie de bonne foi (je tente de faire d'ahurissants efforts d'adaptation !), j'ai décidé d'aller tester un restaurant. Bon, ok, pas une brasserie parisienne où l'on sert des huîtres à toute heure, mais un diner amerloque, avec des hamburgers géants sur assiette et un décor "Happy Days". Impossible de réserver, mais tant pis. Je me suis préparée quand même pour cette sortie des grands soirs, contente de faire bisquer ceux qui, en province, n'ont pas accès à un tel exotisme. J'ai bravé gaillardement mes 20 stations de métro avec un bouquin inintéressant en Diable, et je suis sortie à Saint-Michel. Le problème, à Paris, c'est qu'on a beau se faire un Mappy super clair de son trajet ("Bon, je change à
Réaumur-Sébastopol, je prends la 4 direction Porte d'Orléans et hop, je descends à Saint-Michel !"), chaque station de métro comporte entre 2 et 3 sorties, donnant sur d'immenses boulevards différents, et je me plante systématiquement. Donc je me suis retrouvée près de la Fontaine Saint-Michel, comme une gourde, ne sachant pas où aller. Bon, j'ai fini par trouver, c'était à 2 pas. Mais en arrivant dans la ruelle, un conglomérat de gens, genre 20 personnes, étaient agglutinés devant l'entrée et le restau blindé. J'ai demandé à un couple ce qu'ils foutaient tous là et ils m'ont répondu, d'un air dégagé et un peu ahuri : "Ben, la queue !"... Scène de barbarie ordinaire : mais comment peut-on faire la queue pour aller au restau ? On n'est pas en boîte de nuit, il n'y a pas de physionomiste à l'entrée et tout le monde crève la dalle ! Mais, comme je n'étais pas venue pour rien, j'ai décidé d'attendre, en scrutant la descente des convives à travers les vitrines éclairées par des néons roses. Lesdits convives ne semblaient pas prêts à manger au lance-pierre, malgré les serveurs qui les pressaient de finir pour faire entrer une nouvelle fournée d'affamés. Et les gens qui attendaient devant moi, entre des thuyas en pots et dans un froid polaire, discutaient allègrement le bout de gras, sans s'énerver. En 1 heure, 3 personnes sont sorties et 3 autres sont entrées. La gonzesse devant moi m'a sorti un truc désagréable en soufflant comme un boeuf parce que je fumais une cigarette pour passer le temps. Et j'ai fini par avoir le nez qui coule. De rage, je me suis rabattue sur l'Asiat' d'à côté, m'enfiler une soupe miso bouillante, une salade de chou blanc aux graines de sésame et du saumon cru avec la race de gingembre mariné, de sauce soja et de was
abi. Tant pis pour l'Amérique.
Réaumur-Sébastopol, je prends la 4 direction Porte d'Orléans et hop, je descends à Saint-Michel !"), chaque station de métro comporte entre 2 et 3 sorties, donnant sur d'immenses boulevards différents, et je me plante systématiquement. Donc je me suis retrouvée près de la Fontaine Saint-Michel, comme une gourde, ne sachant pas où aller. Bon, j'ai fini par trouver, c'était à 2 pas. Mais en arrivant dans la ruelle, un conglomérat de gens, genre 20 personnes, étaient agglutinés devant l'entrée et le restau blindé. J'ai demandé à un couple ce qu'ils foutaient tous là et ils m'ont répondu, d'un air dégagé et un peu ahuri : "Ben, la queue !"... Scène de barbarie ordinaire : mais comment peut-on faire la queue pour aller au restau ? On n'est pas en boîte de nuit, il n'y a pas de physionomiste à l'entrée et tout le monde crève la dalle ! Mais, comme je n'étais pas venue pour rien, j'ai décidé d'attendre, en scrutant la descente des convives à travers les vitrines éclairées par des néons roses. Lesdits convives ne semblaient pas prêts à manger au lance-pierre, malgré les serveurs qui les pressaient de finir pour faire entrer une nouvelle fournée d'affamés. Et les gens qui attendaient devant moi, entre des thuyas en pots et dans un froid polaire, discutaient allègrement le bout de gras, sans s'énerver. En 1 heure, 3 personnes sont sorties et 3 autres sont entrées. La gonzesse devant moi m'a sorti un truc désagréable en soufflant comme un boeuf parce que je fumais une cigarette pour passer le temps. Et j'ai fini par avoir le nez qui coule. De rage, je me suis rabattue sur l'Asiat' d'à côté, m'enfiler une soupe miso bouillante, une salade de chou blanc aux graines de sésame et du saumon cru avec la race de gingembre mariné, de sauce soja et de was
abi. Tant pis pour l'Amérique. Mais c'est sûrement l'Amérique qui ne veut pas de moi. Pas découragée pour 2 sous, j'ai voulu aller, avec Charlotte, à la soirée cajun du Blue Bayou qui a lieu tous les premiers mardis du mois. Au programme, 2 heures de danse cajun, un menu dégustation à 22€ et un concert. Sauf que le Blue Bayou n'est jamais joignable par téléphone et quand, d'aventure, ça arrive, évidemment, il est trop tard et la soirée est complète... Alors j'ai fait un jambalaya chez moi, avec Charlotte et Ylvia, on a mis de la musique, mon chapeau de cow-girl, on a pris ma guitare Hello Kitty et on a fait des photos.
Tout est vraiment bizarre ici, chez les Barbares. Les élèves me parlent avec des nouveaux mots que je ne comprends pas, y'a des feux rouges aux ronds-points, y'a plein de voitures mais aucune place pour se garer, des cafés qui vendent des clopes, des digicodes que jamais quelqu'un pourra sonner à ma porte pour me faire coucou par hasard, des routes à 5 voies, un périph' intérieur et un périph' extérieur qu'on sait même pas où ils vont et que je me suis déjà perdue dessus, des restau ouverts toute la nuit ou des Franprix qui ne vendent ni chorizo, ni teinture à cheveux, ni poivre vert en saumure...
Chacun nomme Barbare celui qui n'est pas comme lui. Je le fais depuis que j'ai commencé ce blog. D'autres le font, évidemment, en parlant de moi. Ah, cette Virginia, quelle barbare ! Ouais... Je suis sûrement bizarre aussi... Je peux manger de la pizza froide de la veille au petit-déjeuner, je préfère investir ma thune dans une nouvelle caisse plutôt que dans une poussette et un maxi-cosy, j'écoute de la musique à laquelle peu adhèrent, j'ai trop de tatouages et je déteste le sucré. Tout cela est sans doute bien singulier pour quelqu'un qui n'a d'autre critère de la vérité et de la raison que l'exemple et l'idée des opinions et des usages de sa petite bu
lle. Les gens que je n'ai pas choisis souvent m'insupportent, mais je tolère leurs différences à conditions qu'ils ne m'en fassent pas pâtir. Et je ne leur demande pas de changer puisque je n'ai pas envie de leur parler. J'ai jeté mon costume de croisée aux orties. Alors pourquoi les gens qui se veulent les plus tolérants sont-ils les plus intolérants ? Pourquoi les "tolérants" ne supportent-ils pas l'intolérance ? Pourquoi suis-je obligée de me justifier en permanence quand tout m'énerve ?
Chacun nomme Barbare celui qui n'est pas comme lui. Je le fais depuis que j'ai commencé ce blog. D'autres le font, évidemment, en parlant de moi. Ah, cette Virginia, quelle barbare ! Ouais... Je suis sûrement bizarre aussi... Je peux manger de la pizza froide de la veille au petit-déjeuner, je préfère investir ma thune dans une nouvelle caisse plutôt que dans une poussette et un maxi-cosy, j'écoute de la musique à laquelle peu adhèrent, j'ai trop de tatouages et je déteste le sucré. Tout cela est sans doute bien singulier pour quelqu'un qui n'a d'autre critère de la vérité et de la raison que l'exemple et l'idée des opinions et des usages de sa petite bu
lle. Les gens que je n'ai pas choisis souvent m'insupportent, mais je tolère leurs différences à conditions qu'ils ne m'en fassent pas pâtir. Et je ne leur demande pas de changer puisque je n'ai pas envie de leur parler. J'ai jeté mon costume de croisée aux orties. Alors pourquoi les gens qui se veulent les plus tolérants sont-ils les plus intolérants ? Pourquoi les "tolérants" ne supportent-ils pas l'intolérance ? Pourquoi suis-je obligée de me justifier en permanence quand tout m'énerve ?Bref, mais je m'éloigne du sujet, là... Sans doute les prémisses de la grippe A qui me font délirer...
Je ferais mieux d'aller me faire une salade d'endives, c'est plein de vitamines... Et après, un suppo et au lit ! Faudrait pas que je sois sur le point de passer de vie à trépas avant d'aller récupérer ma nouvelle bagnole avec jantes alu et volant cuir chez Volkswagen jeudi !
Je ferais mieux d'aller me faire une salade d'endives, c'est plein de vitamines... Et après, un suppo et au lit ! Faudrait pas que je sois sur le point de passer de vie à trépas avant d'aller récupérer ma nouvelle bagnole avec jantes alu et volant cuir chez Volkswagen jeudi !

Presque quatre siècles plus tard, tu nous combles (sous les toits) avec tes "Nouvelles Lettres Persanes" mâtinées d'un peu des "Carnets du Major Thompson"...moi qui suis de cette barbarie, né là et pas peu fier de me reconnaître dans l'exagération, je suis aux anges ! Que te dire de plus, si tu ne manques à personne dans le 9-2, tu manques à tout le monde dans le 6-7...that's it ! N'arrête pas de continuer, c'est trop bien !
RépondreSupprimerEnfin j'ai le temps de lire ton blog !
RépondreSupprimerCourage ma grande et ne nous laisse pas sans nouvelles.
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