Je n'aime pas trop l'autoroute qui n'a, pour tout paysage, que des stations Total et des péages. Alors, quand je rentre en Alsace, je passe par la RN4.Mais la RN4 est un véritable coupe-gorge.
Il m'est arrivé de faire la route toute seule. C'est assez cauchemardesque, notamment quand il fait nuit et qu'il pleut, et qu'il n'y a personne à vue perçante pour me relayer entre Vitry-le-François et Brie-sur-Quelquechose. Alors je roule à 80 parce qu'il y a des camions qui m'arrivent en face, à toute berzingue, me fichent leurs phares allumés en pleine figure et passent à ma hauteur en recouvrant ma bagnole d'un tsunami de pluie. Je suis obligée de piler net parce que je n'y vois plus rien et que, si je continue sur ma lancée, je me retrouve dans un pylône moisi ou dans une autre bagnole. Généralement, quand je roule seule, je trace ma race. A la rigueur, je m'arrête vite fait à une station-service bien éclairée, juste pour faire pipi et m'acheter 2 canettes de Red Bull sans sucre, histoire de pas m'endormir.
Mais maintenant, je fais route avec Charlotte, à qui l'Alsace manque cruellement aussi. Donc on se relaie et, en théorie, c'est moins pire. En théorie, ou bien de jour. Le jour, d'ailleurs, c'est assez marrant parce qu'on se dit genre qu'on va écrire un guide gastronomique sur les tables incontournables de la RN4. Parce qu'un départ de Paris est un véritable exode urbain et faut bien se nourrir. Avant, on déjeunait encore avant de partir, un bon plat de sashimis et sushis pour se mettre en jambe. Mais le déjeuner durait 2 plombes et on arrivait en Alsace hyper tard, vu qu'on tombait encore dans des manif' de la CGT ou je ne sais quoi. Alors maintenant, on mange sur la route. On a abandonné les sandwiches triangles Sodebo de la station-service, parce que la salade molle, le pain de mie humide et la tomate rance, merci bien, si c'est pour arriver encore avec des ballonnements chez soi...! On a aussi laissé tomber les MacDo, parce qu'évidemment, y'en a pas le long de la route, faut sortir dans un patelin malfamé et on perd un temps fou. Le seul qui était encore accessible est désormais fermé pour travaux. Enfin bon... Donc on teste les restau routiers... La grande idée...
La dernière fois, on s'est retrouvées à Béton-Bazoches, le village tout sinistré où la seule attraction est le bar-PMU-bureau de tabac-restau, entre les maisons à vendre. Mais on avait juste trop faim, alors on a vu sur leur ardoise gondolée de flotte que le plat du jour était à 10€ et on est entrées. Un type avec une boucle d'oreille et sûrement une voiture tunnée dans la cour nous a fait traverser le bar jauni qui sentait encore le tabac de quand on pouvait fumer, l'eau de vaisselle et le café froid. Dans l'arrière-salle, le restau, donc, ça sentait la daurade trop cuite et tout un tas de types slurpaient leur purée-maison sans dire un mot. Nous on arrivait, fraîches et pimpantes, style Parisiennes en goguette, endimanchées, manteau Max Mara et lunettes Dolce et Gabanna, clefs de Golf à la main, et le silence s'est encore tu pour nous dévisager. Bah, c'était pas mauvais, l'escalope de veau ruisselant de beurre et la fameuse purée toute bizarre parce que les patates avaient séjourné trop longtemps dans l'eau. Mais ça, évidemment, c'est Charlotte qui l'a pris. Moi, avec mon instinct légendaire, j'ai pris la daurade et des haricots verts tout froids, accompagnés d'une sauce à l'oseille douteuse. J'ai bien tenté de me rabattre sur une tartine de moutarde de Dijon, mais le pot devait avoir stagné sur cette table depuis si longtemps que c'est juste un jet de vinaigre jaunâtre qui a spritzé à travers la table.
Une autre fois, sur le chemin du retour, ça a été bien plus galère. On a snobbé 2 restau à Vitry sous prétexte qu'ils faisaient pas assez road-movie et qu'on allait plutôt tenter le routier "Chez Stéphanie et Arnaud" à la sortie de la ville. Bien évidemment, à 22h, c'était fermé, mais on s'est dit c'est pas grave, on trouvera bien un truc un peu plus loin. Et c'est là qu'on s'est rendu compte que la RN4, en fait, c'est désertique... Pas un lampadaire au bord de la route et une bourgade morte toutes les 50 bornes environ. C'est là qu'on a atterri à Coole, qui s'est avéré pas si cool que ça. On a aperçu une vielle lumière qui éclairait l'enseigne limite écrite à la main : "Chez Ludo, repas chauds". J'ai garé ma voiture toute neuve sur l'immense parking en gravillons spécial-camions, en même temps qu'un bus du 7-1 rempli de footeux avinés qui faisaient une pause pour pisser contre la broussaille polluée. Malgré la lumière dans le restau et la promesse de "à toute heure", Ludo était fermé et on a fait demi-tour en pestant parce qu'on commençait vraiment à crever la dalle. Sauf qu'une fois qu'on a été dans la voiture, une vingtaine des sus-cités footeux l'ont encerclée en gueulant comme des primates au zoo de Mulhouse, se sont débraguettés d'un coup d'un seul et nous ont présenté leur séant velu. Mes coups de klaxons n'avaient pour effet que de les exciter davantage. Au bord du pétage de plombs parce qu'on ne pouvait plus partir, entre ceux qui tapaient sur ma carrosserie flambante, ceux qui collaient leur cul sur ma vitre et les autres postés derrière le véhicule, j'ai failli ouvrir ma portière d'un coup sec, dans le secret espoir de toucher grièvement leurs organes vitaux. Mais Charlotte, rationnelle, m'a plutôt suggéré la technique du "recule doucement, ils finiront bien par se casser". Technique évidemment plus efficace, mais plus longue... Nous avons quitté cet enfer, non sans nous être arrêtées un peu plus loin pour vérifier l'état de ma carrosserie qui, Dieu merci, n'avait subi aucun dommage. Seules mes vitres gardaient la trace écoeurante du sébum fessier de ces sinistres individus.
Nous avons fini dans une station Total (vu que nous faisons aussi désormais l'impasse sur les stations BP aux latrines dégoûtantes, malgré la charte-qualité-et-propreté d
écorée de papillons et de cèpes ornant le carrelage, et peuplées de voyageurs à l'air louche), accoudées au comptoir, à manger enfin une cuisse de poulet au ketchup, sous une lumière crue et entourées de locaux couverts de cambouis et puant la transpi à travers leur polaire kaki, en recherchant les noms des actrices de Thelma et Louise que nous incarnions superbement (sans Brad Pitt, naturellement...) et en scrutant à travers la vitre (propre) le passage du bus du 7-1 afin de relever sa plaque et de porter plainte. En vain.
Oui, la RN4 est un coupe-gorge, une route qu'on suit après s'être assuré d'avoir fait le plein d'essence, d'avoir des ampoules de phares de rechange , une bouteille d'eau et une couverture. On est bien loin de la Route des Vins et de la Route des Crêtes. Rien à conseiller aux gastronomes après la traversée du Col de Sainte-Marie-aux-Mines. A part peut-être aux aventuriers avides de sensations fortes.
Allez, le TGV, c'est tellement moins rock'n'roll ! La prochaine fois, j'emporterai juste un Beretta. Qui me servira aussi au lycée...
Mais maintenant, je fais route avec Charlotte, à qui l'Alsace manque cruellement aussi. Donc on se relaie et, en théorie, c'est moins pire. En théorie, ou bien de jour. Le jour, d'ailleurs, c'est assez marrant parce qu'on se dit genre qu'on va écrire un guide gastronomique sur les tables incontournables de la RN4. Parce qu'un départ de Paris est un véritable exode urbain et faut bien se nourrir. Avant, on déjeunait encore avant de partir, un bon plat de sashimis et sushis pour se mettre en jambe. Mais le déjeuner durait 2 plombes et on arrivait en Alsace hyper tard, vu qu'on tombait encore dans des manif' de la CGT ou je ne sais quoi. Alors maintenant, on mange sur la route. On a abandonné les sandwiches triangles Sodebo de la station-service, parce que la salade molle, le pain de mie humide et la tomate rance, merci bien, si c'est pour arriver encore avec des ballonnements chez soi...! On a aussi laissé tomber les MacDo, parce qu'évidemment, y'en a pas le long de la route, faut sortir dans un patelin malfamé et on perd un temps fou. Le seul qui était encore accessible est désormais fermé pour travaux. Enfin bon... Donc on teste les restau routiers... La grande idée...
La dernière fois, on s'est retrouvées à Béton-Bazoches, le village tout sinistré où la seule attraction est le bar-PMU-bureau de tabac-restau, entre les maisons à vendre. Mais on avait juste trop faim, alors on a vu sur leur ardoise gondolée de flotte que le plat du jour était à 10€ et on est entrées. Un type avec une boucle d'oreille et sûrement une voiture tunnée dans la cour nous a fait traverser le bar jauni qui sentait encore le tabac de quand on pouvait fumer, l'eau de vaisselle et le café froid. Dans l'arrière-salle, le restau, donc, ça sentait la daurade trop cuite et tout un tas de types slurpaient leur purée-maison sans dire un mot. Nous on arrivait, fraîches et pimpantes, style Parisiennes en goguette, endimanchées, manteau Max Mara et lunettes Dolce et Gabanna, clefs de Golf à la main, et le silence s'est encore tu pour nous dévisager. Bah, c'était pas mauvais, l'escalope de veau ruisselant de beurre et la fameuse purée toute bizarre parce que les patates avaient séjourné trop longtemps dans l'eau. Mais ça, évidemment, c'est Charlotte qui l'a pris. Moi, avec mon instinct légendaire, j'ai pris la daurade et des haricots verts tout froids, accompagnés d'une sauce à l'oseille douteuse. J'ai bien tenté de me rabattre sur une tartine de moutarde de Dijon, mais le pot devait avoir stagné sur cette table depuis si longtemps que c'est juste un jet de vinaigre jaunâtre qui a spritzé à travers la table.
Une autre fois, sur le chemin du retour, ça a été bien plus galère. On a snobbé 2 restau à Vitry sous prétexte qu'ils faisaient pas assez road-movie et qu'on allait plutôt tenter le routier "Chez Stéphanie et Arnaud" à la sortie de la ville. Bien évidemment, à 22h, c'était fermé, mais on s'est dit c'est pas grave, on trouvera bien un truc un peu plus loin. Et c'est là qu'on s'est rendu compte que la RN4, en fait, c'est désertique... Pas un lampadaire au bord de la route et une bourgade morte toutes les 50 bornes environ. C'est là qu'on a atterri à Coole, qui s'est avéré pas si cool que ça. On a aperçu une vielle lumière qui éclairait l'enseigne limite écrite à la main : "Chez Ludo, repas chauds". J'ai garé ma voiture toute neuve sur l'immense parking en gravillons spécial-camions, en même temps qu'un bus du 7-1 rempli de footeux avinés qui faisaient une pause pour pisser contre la broussaille polluée. Malgré la lumière dans le restau et la promesse de "à toute heure", Ludo était fermé et on a fait demi-tour en pestant parce qu'on commençait vraiment à crever la dalle. Sauf qu'une fois qu'on a été dans la voiture, une vingtaine des sus-cités footeux l'ont encerclée en gueulant comme des primates au zoo de Mulhouse, se sont débraguettés d'un coup d'un seul et nous ont présenté leur séant velu. Mes coups de klaxons n'avaient pour effet que de les exciter davantage. Au bord du pétage de plombs parce qu'on ne pouvait plus partir, entre ceux qui tapaient sur ma carrosserie flambante, ceux qui collaient leur cul sur ma vitre et les autres postés derrière le véhicule, j'ai failli ouvrir ma portière d'un coup sec, dans le secret espoir de toucher grièvement leurs organes vitaux. Mais Charlotte, rationnelle, m'a plutôt suggéré la technique du "recule doucement, ils finiront bien par se casser". Technique évidemment plus efficace, mais plus longue... Nous avons quitté cet enfer, non sans nous être arrêtées un peu plus loin pour vérifier l'état de ma carrosserie qui, Dieu merci, n'avait subi aucun dommage. Seules mes vitres gardaient la trace écoeurante du sébum fessier de ces sinistres individus.
Nous avons fini dans une station Total (vu que nous faisons aussi désormais l'impasse sur les stations BP aux latrines dégoûtantes, malgré la charte-qualité-et-propreté d
écorée de papillons et de cèpes ornant le carrelage, et peuplées de voyageurs à l'air louche), accoudées au comptoir, à manger enfin une cuisse de poulet au ketchup, sous une lumière crue et entourées de locaux couverts de cambouis et puant la transpi à travers leur polaire kaki, en recherchant les noms des actrices de Thelma et Louise que nous incarnions superbement (sans Brad Pitt, naturellement...) et en scrutant à travers la vitre (propre) le passage du bus du 7-1 afin de relever sa plaque et de porter plainte. En vain.Oui, la RN4 est un coupe-gorge, une route qu'on suit après s'être assuré d'avoir fait le plein d'essence, d'avoir des ampoules de phares de rechange , une bouteille d'eau et une couverture. On est bien loin de la Route des Vins et de la Route des Crêtes. Rien à conseiller aux gastronomes après la traversée du Col de Sainte-Marie-aux-Mines. A part peut-être aux aventuriers avides de sensations fortes.
Allez, le TGV, c'est tellement moins rock'n'roll ! La prochaine fois, j'emporterai juste un Beretta. Qui me servira aussi au lycée...

Je ne veux pas paraitre rabat-joie, mais je pense très sincèrement que ta technique d'ouverture de porte avec pour objectif d'écraser un zboub n'était pas forcément la meilleure. Je me voyais déjà descendre de la voiture pour me battre contre 20 mecs bourrés tout en te faisant regagner la bagnole ! autant dire mission impossible ! Il est fort probable que ma "raison" était avant tout dictée par un fort instinct de survie ! CQFD
RépondreSupprimerptain, fallait baisser la vitre électrique et coincer les roubignoles en la remontant!!!!! pas compliqué!!!!
RépondreSupprimerHaaaaaaaaahahahhahha, Ma Gz, tu mferas tjs mourir de rire!!!!!
Faut toujours avoir un panneau dans la bagnole que tu colles à la vitre: "désolé, j'peux pas ouvrir, j'ai la lèpre !"
RépondreSupprimerUne autre technique très efficace consiste à faire une grosse accélération dans la foule, tu t'arrêtes, tu regardes dans le rétro, si ca bouge encore, tu fais une marche arrière !
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