jeudi 10 décembre 2009

Christmas Town

Ce matin, il s'est passé quelque chose de très curieux. Je suis sortie de chez moi aux alentours de 8h. J'ai ouvert la porte. L'air était hyper doux pour un mois de Décembre. J'étais fatiguée mais de bonne humeur. J'ai souri au buisson en forme de mouton de l'école maternelle St Exupéry, juste en face, et je suis montée dans ma voiture. J'avais à peine démarré que j'ai aperçu, à l'angle de la rue, deux gros ours en paillettes blanches et trois petits pingouins en paillettes bleu roi, avec un cache-nez argenté. Il faisait encore nuit et, avec la lumière des réverbères, on se serait cru à Christmas Town. Puis je suis arrivée au bord de la Seine. Et là, tout autour de moi, des sapinous couverts de fausse neige, des cadeaux géants avec des flots brillants, des guirlandes dégoulinant des arbres et, au-dessus de ma tête, des filins tendus supportant des boules immenses scintillant comme des boules à facettes. Ca y est, l'esprit de Noël flottait au-dessus de moi. Avec les lumières des buildings se reflétant dans la Seine, tout le quartier se retrouvait plongé dans une espèce de voie lactée trop jolie.
Et, tout à coup (et c'est là que ça devient singulier), le 9-2 m'a semblé sympathique. Les voitures qui m'entouraient n'appartenaient plus à des sales cons qui rêvaient de rayer la mienne ou de me faire une queue de poisson mais à des braves gens qui allaient au boulot comme moi. D'un coup de baguette magique, les choses n'étaient plus moches. Les bus avaient un joli vert Granny Smith. Les façades taggées de Courbevoie, les rideaux de fer tordus, les kebabs crasseux, les enseignes bancales, la petite vieille avec son foulard effiloché qui attend au feu rouge pour vendre son "Sans-abri magazine", tout me précipitait dans un roman de Kerouac ou de Paul Auster, ou le trottoir du CBGB après un concert des Ramones. La ville, tentaculaire et mystérieuse. Une jungle d'asphalte et de béton peuplée de recoins sombres, un monde underground de hackers, de dealers, de prostituées et de chats errants. Un truc rock'n'roll comme tout.
Et les gens déjà levés, les jeunes cadres dynamiques et bronzés aux UV, les balayeurs, les flics, les pompiers faisant leur jogging, admirablement moulés dans un short altmodisch et minuscule, les mères de famille emmenant leur moutard chez la nourrice avant de gagner leur bureau, les serveurs des cafés, les boulangères ensommeillées, les élèves, tout ce petit monde plongé dans la nuit parisienne, à l'heure où blanchit la campagne, tout ce petit monde a soudain eu quelque chose de touchant.
Je me suis arrêtée au feu rouge et, au lieu de m'énerver contre la petitesse et l'étroitesse des lieux, j'ai trouvé que tout ressemblait à un monde de Playmobils. La petite station-service, la petite concession Volkswagen, l'épicerie, les ambulances, les gens en uniformes, les immeubles calibrés, les plantes en pots ici ou là... et les petites voitures, genre cadeaux-Kinder, celles qu'on amorce en les frottant par terre puis qui roulent toutes seules. C'était trop marrant.
Bref. Je sais pas quelle mouche m'a piquée ce matin. Peut-être mon subconscient qui travaille à l'approche du 24 Décembre ou la lettre au Père Noël que j'ai écrite pour avoir de nouveaux jouets (un disque dur externe, un Lumix, un appartement, un laissez-passer à la SNCF...).
Sauf qu'après j'ai pris un bain, j'ai voulu rédiger un sms et j'ai fait tomber mon téléphone dans l'eau. Maintenant, il fonctionne plus et je suis coupée du monde. Super...

1 commentaire:

  1. En te lisant, j'y étais moi aussi...on commence comme ça et on finit chaisière au Luxembourg, juste pour décorer les gens et les ajuster à notre petit lego perso...trop kühl ! méfie-toi quand-même, chaisière en hiver, on se les accroche aux mouffles!

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