vendredi 9 juillet 2010

Magazine pipole.

Bon. Tout n'est pas si noir. J'arrive quand même à faire des trucs chouettes quand je fais l'effort de sortir de ma crypte...
L'autre jour, par exemple, alors que j'allais chercher Charlotte en voiture à son commissariat des Champs-Elysées, je suis tombée dans des embouteillages apocalyptiques. Sur le périph', ça roulait encore bien, j'étais optimiste. A un moment, j'ai été dépassée par une Viper jaune immatriculée Heidelberg qui roulait à toute berzingue. Je me suis dit tsss, salaud de riche, j'espère bien que tu vas te faire flasher, tiens, bien fait ! Et puis je suis arrivée sur la Place Maillot. Y'avait autant de voitures que dans une fourmilière. Les gens se fourraient où y'avait de la place, pas de files qui tiennent, et les scooters parvenaient encore à se faufiler là-dedans. Moi, j'écoutais Johnny Cash, la fenêtre ouverte, passablement décidée à ne pas m'énerver. Et, tout à coup, j'ai vu que le type à la Viper jaune était à côté de moi. Ha ! Il y avait tout de même une justice en ce bas-monde... On est tous égaux face aux embouteillages. Mais bon, le type avait sa fenêtre ouverte aussi et on a commencé à discuter. D'ordinaire, je l'aurais snobé, mais là, comme je pensais qu'il était allemand et que j'avais besoin d'un retour aux sources, rapport à mon arrière grand-père Karl qui était un casque à pointe, je lui ai parlé. Sauf que le type n'était pas du tout allemand, il venait juste d'acheter sa bagnole en Belgique, il venait de Levallois et là il allait faire du sport. Bref, on a passé 25 minutes à parler voitures et circulation parisienne, et puis je suis partie.
Et puis hier, en allant m'acheter du gel douche au Leclerc, je suis retombée sur lui dans la rue. En fait, il bossait juste à côté dans un studio d'enregistrement et, comme c'était l'heure de l'apéro, il m'a proposé de me faire visiter le truc et de boire un coup. Je me suis dit hop, allons-y. De toute façon, ce soir-là, tout le monde m'avait abandonnée et j'avais soif.
Le studio était super beau, tout feutré, avec des belles couleurs et des tableaux au mur, une fontaine à eau et des toilettes intelligentes qui rincent les fesses et les sèchent, sauf que même pour tirer la chasse, y'a un tableau de bord électronique devant lequel j'ai passé 5 bonnes minutes parce que je captais rien tellement y'avait d'options.
On est allé dans le patio et on a bu une coupe de champagne avec les ingé-son. C'était bien. Il faisait un peu frais, il y avait des fleurs et j'écoutais, circonspecte, ces gens causer, naturellement, de leurs potes hyper-connus de la télé, ces gens dont nous, misérables provinciaux, n'entendons parler que dans Public ou Voici. Puis j'ai visité un des studios où ils faisaient le son de la nouvelle pub Chanel. Y'avait 2 nanas très gentilles qui faisaient du sous-titrage. Et puis Philippe, le gars de la Viper, m'a proposé de les accompagner à la soirée de la fin de la saison je-sais-pas-combien de la série "24heures chrono" organisée par la Fox, avec Canal+ et consort. Ca ne me parlait pas vraiment, tout ça, vu que je ne regarde pas la télé, mais je me suis dit que ça me ferait une sortie. Heureusement, j'avais le cheveu propre et mon joli collier de perles de la Robertsau (le collier, pas les perles), je ressemblais pas trop à une serveuse de la fête de la bière de Schiltigheim...
Philippe m'a emmenée dans sa voiture de la mort, décapotable et climatisée, et ça, c'était la classe internationale, parce que bien sûr, il a voulu faire le malin et m'a fait des accélérations de la fin du monde sur le périph', tant et si bien que, lorsque nous sommes arrivés à Issy-les-Moulineaux, où avait lieu la sauterie, j'étais complètement hirsute, les pieds gelés et le mollet brûlé au 3ème degré contre le rebord de la voiture ultra-basse, dont je me suis extraite non sans mal, tout en comprenant enfin pourquoi les paparazzi n'avaient aucun mal à photographier l'entre-jambes déculotté de Paris Hilton. C'est fou quand même comme ce genre de voitures vous attire immédiatement la sympathie des usagers de la route et des trottoirs ! Les gens vous saluent, vous sourient, vous klaxonnent, vous prenant sans doute pour quelque célébrité d'outre-Atlantique ou d'outre-Rhin, là, en l'occurence.
Nous sommes arrivé au Chemin des Vignes, un restaurant à flanc de coteau, avec une grande terrasse et des vignes tout autour. J'avais l'impression d'être au beau milieu du Domaine du Bollenberg, hallucinée de voir qu'il existait un tel endroit derrière une grosse grille, à l'abri des regards, au-dessus de caves séculaires et fortifiées, en grosses pierres, comme des remparts de Vauban. Un tas de gens bien mis évoluaient là, un verre de Chardonnay à la main, s'approchant l'air de rien d'un extraordinaire buffet à verrines et tas d'asperges vertes. Il y avait là le patron de la Fox, des avocats, des gens d'Arte, les doubleurs d'Homer et Marge Simpson, et même un type qui était avec moi en fac de Lettres à l'USHS et qui habitait au Neudorf ! Nous avons parlé de Strasbourg, de mes tatouages, de leurs virées en yacht en Corse et des non-problèmes des pauvres acteurs qui étaient payés au forfait et c'était mais juste trop galère parce qu'il y avait les travaux de leur troisième maison à payer et leur chien qui était malade, et on se foutait juste trop de leur gueule à la télé, tu vois ? Pendant qu'ils picolaient comme des trous, moi je humais l'air tiède en dégustant ma chiffonnade de jambon, et je me disais que voilà, en fait, Paris, c'est génial quand on a un super boulot, qu'on est connu et qu'on est pété de thunes. Je devais être la seule petite gens ici et devais faire figure d'extra-terrestre. Philippe m'a dit que des centaines de personnes auraient payé pour être à ma place mais comment pouvais-je me rendre compte vu qu'aucun visage ne m'était familier ?
Bref, quand il n'y a plus eu de vin, on est allé au bar de l'hôtel Concorde Lafayette. Un truc gigantesque, à 33 étages, avec que des Saoudiens qui squattent le hall et un ascenseur qui monte si vite que quand on arrive en haut, on a les oreilles bouchées. On a bu un cocktail à 22€ devant la baie vitrée d'où l'on apercevait le tout Paris et la Tour Eiffel qui scintillait. Peut-être que s'il avait fait jour, j'aurais pu apercevoir la cathédrale...
Et puis je suis rentrée, contente, dans la Viper jaune, et c'était tellement confortable là-dedans, du style pas-besoin-d'excuse-pour-vivre, que j'aurais bien roulé jusqu'à Strasbourg... Mais c'est pas grave, j'y vais lundi, après avoir récupéré à Orly ma petite soeur qui rentre de Guyane. On ne mettra que 6heures de plus, j'aurai pas la clim' et une araignée monstrueuse se sera bien fait une place dans sa valise...

3 commentaires:

  1. eh oh! yen a d'autres qu'ont des ouatures jaunes, jte frais dire!!! Bon ok, yavait pas tout le gratin chez moi, mais yavait moi, koi, non? mince alors.....

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  2. ma voiture est noire et le seul gratin que jconnais, il est dans l'four...

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  3. Un gratin de pâtes ? C'est toi, Susan Mayer ?

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