mardi 29 juin 2010

They said that Hell's not hot...

Cette touffeur m'harasse ma race. Même le bruit de la circulation est étouffé dans la lave de ma rue. Les immeubles récents et tous les mêmes de Levallois-Perret sont si clairs que la réverbération du soleil est insupportable dehors. J'ai déplié les volets métalliques pour avoir un peu de fraîcheur chez moi, sans grande conviction. J'en suis à mon deuxième litron de Coca light tiédasse et le moindre cheveu qui dépasse de ma queue de cheval me fait transpirer. Mes pauvres chattes couvertes de fourrure, dont une qui est certainement pleine depuis que je l'ai inscrite à une tournante dans une cave de Vaucresson, traînent des pattes, se laissent choir mollement dans les minuscules filets de courant d'air chaud ou la baignoire, ou lèchent mes Mars barres glacées, dont le caramel rafraîchit sûrement leurs babines. Découragée par ma journée d'hier, le moindre effort me semble insurmontable.
Je suis partie voir mon nouveau lycée dans le 7-8. Il faisait 32°C au soleil et 75 dans ma super voiture noire et sans clim'. Mes mains glissaient sur le volant cuir et je me suis cramé le bras en le sortant par la fenêtre. J'ai pris la route avec mon Mappy et, au bout de 5mn, j'ai eu si chaud que je me suis mise à saigner du nez. Très simple, la circulation parisienne, quand il faut tenir un mouchoir et éviter de tacher les sièges ! Bref, ça a fini par s'estomper sur le pont de Bezons... Je suis arrivée en retard car j'ai encore la fâcheuse tendance cartésienne à compter en kilomètres (26) et pas en temps (1h30). J'ai voulu éviter l'autoroute et voilà, je me suis tapé 250.000 feux, la forêt de Saint-Germain-en-Laye, des démarrages en côte, et je me suis perdue dans la ville. J'avais naturellement oublié le numéro de téléphone du lycée et j'ai dû m'arrêter à une station service patibulaire où le pompiste marocain et un client sourd comme un pot se sont lancés dans de fumeuses explications pour m'indiquer ma route, m'envoyant à droite, alors qu'en fait c'était à gauche.
En entrant dans la cour du lycée, j'étais ruisselante et rougeaude, des taches de sang séché sur ma robe, les cheveux collés aux tempes, manquant défaillir d'étouffement dans mon gilet que j'avais enfilé pour planquer mes tatouages. Je me suis arrêtée un moment pour reprendre mon souffle et admirer mon nouvel établissement. Oh, joie, il ressemblait à s'y méprendre à mon ancien lycée de Bischwiller, avec une cour géante et des tilleuls de Lautenbach partout. Sauf qu'il était bleu. Bon. C'était toujours mieux que mon bunker du 9-2 ! C'est vrai que pour le Parigot et le Hauts-de-Seinois, le 7-8, c'est la campagne. Mais pour moi, c'est un soulagement de quitter le monde juste trop fashion de la capitale pour un truc un peu plus plouc. La secrétaire du proviseur aux allures d'assistante de direction chez Total était remplacée par une autre, bien en chair, au soutif distendu dépassant de son spaghetti top, avec un effet racines et un vernis écaillé, qui m'a appelée Virdginia Weupeuwt croyant que j'étais anglaise. J'ai rencontré le proviseur, et une collègue d'Anglais qui m'a emmenée dans la salle des prof' assez géante pour accueillir les 100 prof' nécessaires aux 1000 élèves du lycée et j'ai découvert, avec une horreur difficilement dissimulable et m'étranglant à moitié avec mon thé, que j'allais devoir enseigner l'Angloys à des CAP Couture Floue vaguement illettrées, des CAP Métallerie intenables, des primo-arrivants ne parlant pas Françoys, des Bac Pro Commerce en réinsertion, et des électriciens ingérables. Tout ça en 19h30 parce qu'un des collègues d'Angloys arrive de Beaune où il a laissé son épousée et qu'il veut rentrer tous les week-ends. Je lui souhaite bien du courage ! Bref, je croyais avoir atteint le fond de la Fosse des Mariannes dans le 9-2 et il me semblait soudain qu'il existait un double-fond...
Je suis repartie dans l'air brûlant pour Levallois, non sans avoir sifflé la moitié d'une bouteille d'eau croupie et chaude que j'avais oubliée dans le coffre de ma voiture depuis 2 mois, aux risque d'attraper le paludisme, mais tant pis. J'ai remis 1h30 pour rentrer. C'est quand même fou, ça, je mets toujours 1h30 pour rentrer chez moi. La dernière fois, c'était quand j'étais à Ville d'Avray. Eh ben pour en repartir, y'a une double sortie toute bizarre : la bonne (que j'ai loupée, bien sûr) et la mauvaise qui vous envoie le long des quais tout droit jusques à la Tour Eiffel. Donc je suis arrivée à la Tour Eiffel, que je ne sais même pas situer sur un plan et là, débrouille-toi, entre les milliards de voitures, les travaux, les routes qui vont dans tous les sens et tout ça. Y'a même un type qui rêvassait au feu rouge et qui m'a embouti l'arrière-train. Sans égratignure, mais quand même, j'ai failli avoir le coup du lapin ! Bon, j'ai quand même réussi à retrouver le périph', mais y'avait un accident, comme d'habitude, alors j'ai passé 1h dans ce merdier, coincée derrière un autocar italien climatisé (lui), dans la même chaleur, si bien que je me suis chopé un coup de soleil de camionneur sur le bras gauche et mon chien fantôme tatoué ressemble maintenant à un chien fantôme ghanéen. Mais bon, cette fois-là, c'était moins pire parce qu'en fait, je rentrais de l'IUT où j'avais postulé pour donner des cours d'Angloys et ils m'avaient prise sans faire de chichis parce que c'était grave la pénurie de prof' avec toutes celles qui se mettaient à pondre. Donc j'étais vachement contente parce que je trouvais enfin un poste à ma mesure qui me permettrait de ne pas devenir complètement bête et de souffler dans mon marasme quotidien, surtout que Ville d'Avray est une jolie bourgade avec des arbres.
Alors qu'en rentrant du lycée, j'étais quand même un peu abattue, autant par la chaleur que par la noire perspective de me recycler en éducatrice spécialisée à la rentrée. Enfin, là, je ne me rends pas encore trop compte parce que les vacances approchent, que je me tire en Alsace et qu'après moi le déluge ! Donc j'attends les vacances en m'hydratant, parce que je suis vieille, parce que j'ai pris 10 ans en région parisienne. De temps en temps, je fais 3 pas dans l'appartement. Je me fais un masque désincrustant pour me rafraîchir la figure, puis je m'assieds en haletant. Je me relève pour faire la vaisselle à l'eau glacée, puis je m'allonge car j'ai des vertiges. Je plante des fraises dans ma ferme virtuelle puis use de mes dernières forces pour aller chercher un truc frais au frigo. Je suspends une lessive, me fais les ongles, appelle un tuteur de stage et m'allonge à nouveau. C'est épuisant. J'ai décidé de passer mon été à la piscine de Saverne, c'est plus possible, là !

3 commentaires:

  1. s'il n'y avait pas du quatrième degré , tu me ferais peine :(

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  2. Euh... Tu le vois où, le 4ème degré ?

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  3. La piscine de Locqueltas te couterait ptetre moins cher ma Gz, elle est à 28, les rhums arrangés n'attendent plus que les zamis, le charbon est prêt ds le barbec, si t'as un crénal et un peu de thune, fais signe.....

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