Bon, j'ai changé l'intitulé de mon blog. Maintenant que je bosse dans le 7-8 et que je vais m'y installer, mon ancien intitulé est àltmodisch. Donc maintenant, je suis en Île de France. J'ai enfin le temps de mettre tout ça à jour car c'est les vacances d'Halloween. Et, franchement, c'est pas trop tôt car ces derniers jours ont été particulièrement éprouvants avec ces histoires de réforme des retraites et tout ça.
Pour moi, ça a commencé comme une information normale alors que j'écoutais le Move un matin dans ma voiture : ouais bon, désormais, non seulement on travaillera plus pour gagner plus, mais, en plus, on travaillera plus longtemps. Ah. Bon, ben d'accord. Honnêtement, je m'en fous. C'est comme ça partout en Eu
rope et ailleurs. Je comprends pas pourquoi les Français râlent encore. Evidemment, c'est leur marque de fabrique, mais quand même ! Faut bien que tout le monde y mette un peu du sien pour redresser ce pauvre pays, non ? Et puis, les régimes spéciaux de je sais pas quoi, là, les femmes n'ont qu'à arrêter de pondre des moutards qui nous pourrissent la vie, au lieu de chouiner.
Bref, donc moi je bosse. Ce doit être mon côté alsacien. En plus, je fais jamais grève. Déjà, parce que ça sert à rien, on a beau foutre le bronx dans les rues, c'est pas nous qui décidons, t'façon. J'oeuvre pour assez de causes perdues comme ça, les ours bruns à collier en Chine, l'élevage des animaux en batterie et la culturation des élèves. Ensuite parce que ça me fait perdre une, voire plusieurs, journées de salaire et mon train de vie ne me le permet absolument pas. Hors de question que je mange des pâtes Lidl collantes alors que je peux me faire de la bonne potée lorraine avec de la charcut' de chez le boucher.
Mais l'information normale a dépassé mon entendement. Je veux dire au lycée, en tout cas. Mes élèves, qui sont bêtes à manger du foin, ont voulu faire style on est solidaires, on fait un blocus et on manifeste. Bon. Soit. Sauf que tout ça, c'est juste un prétexte pour pas aller en cours. Faut pas me dire que le jeune pige quoi que ce soit aux réformes gouvernementales ! Déjà que moi je capte pas la moitié, alors eux...!
Ca a commencé vendredi dernier. J'avais une réunion parents-prof. Je bosse pas le vendredi. Alors je me suis pointée comme une fleur à 17h30. J'ai voulu me garer dans la rue, vite fait, mais en sortant de ma voiture, j'ai vu d'autres voitures aux pare-brise pétés, et là je me suis dit hum, ça craint, finalement, je vais plutôt aller me garer sur le parking du lycée. Et là, j'ai appris, médusée, que les élèves avaient voulu manifester. Sauf que ça avait complètement dérapé. Ils avaient pété leur fontaine à eau de la cantine, brûlé des poubelles, renversé les tables d'une salle de classe, poussé une prof par terre, jeté des projectiles et tout ça. Le lycée avait été fermé tout l'aprèm'. La réunion parents-prof a été vite torchée parce qu'il y avait un pelé et deux tondus, et tout le monde se demandait ce que la semaine suivante allait nous réserver.
Le lundi, la journée a commencé normalement. Sauf qu'à la récré, ça a été rebelote. La sonnerie a retenti et les élèves se sont précipités dans la rue après s'être couverts la tête de leur capuche et le nez d'un foulard ou d'un keffieh. Suite aux échauffourées de vendredi, le proviseur avait alerté le référent-police, le préfet, le rectorat et patacouffin. Alors les policiers étaient dans la rue aussi, déguisés en coléoptères, avec leurs boucliers transparents, genre légions de César. Moi j'étais sous le marronnier avec mes collègues d'ébénisterie, et on observait le spectacle derrière le grillage d'enceinte et les rosiers rabougris. Les élèves se sont mis à gueuler comme des veaux, d'abord "Sarko on t'encule !" puis "Nique la police !". Moi, je trouvais que les flics avaient méga la classe. Ils mouftaient pas, droits comme des i. Et, tout à coup, on a vu des trucs voler dans leur direction : un poste de radio, des canettes, des pierres. Les flics ont pas bougé. Sauf que ça a recommencé, plus violemment. Et là, comme un seul homme, ils ont chargé. J'ai halluciné. C'est parti en live. Les élèves qui étaient restés dans la cour étaient suspendus au grillage avec leur téléphone portable à la main, dans l'espoir secret de filmer une éventuelle bavure policière. Y'a eu des fumigènes, comme ceux qu'on voit dans les matchs de foot, et du gaz lacrymo. Evidemment, quand y'a du gaz lacrymo, c'est toujours pour ma pomme. Je me suis soudain mise à tousser, hoqueter, larmoyer, à deux doigts de vomir mes tripes. Je me suis précipitée en salle des profs où mon collègue Michel m'a payé un 25 normal. J'ai même pas réussi à le remercier, ma voix avait disparu. Des élèves avaient été transportées à l'hôpital après s'être évanouies... Et puis c'est passé. Et on a vaguement repris les cours à 11h avec les quelques élèves qui restaient.
Le mardi, j'avais pas cours, enfin, j'étais convoquée à une réunion avec l'inspecteur qui nous faisait part des nouvelles modalités d'examen, et l'aprèm', je donnais mes cours à l'IUT, avec mes étudiants civilisés, ceux qui veulent devenir ingénieurs en énergies renouvelables ou dans l'aérospatiale.
Et puis y'a eu le mercredi. J'ai fait la route de bonne heure, dépassant toutes les stations service menacées de pénurie de carburants imminente, devant lesquelles s'agglutinaient déjà des dizaines de voitures. Je me suis pointée comme d'hab' au lycée et là, à la grille, j'ai vu les 3 CPE, la proviseuse-adjointe dont la fille étudie à Strasbourg, les assistants d'éducation et le proviseur dans un sale état, tout courbaturé, avec un oeil mi-clos, violet et bouffi et des points de suture à l'arcade. Y'a pas eu cours ce jour-là. Enfin, on a accueilli les quelques élèves qui étaient là, on leur a fait un rappel à la loi, genre mini-cours d'éducation à la citoyenneté, et on les a raccompagnés au portail. Puis le proviseur nous a tous réunis et nous a raconté comment ils s'était pris un pain dans la figure et des coups de pieds dans les côtes, comment 6 de nos élèves avaient été arrêtés, comment tout le monde avait failli se prendre des pavés, qu'une bagnole avait été renversée et brûlée, et puis que les élèves avaient investi les jardins des petites vieilles qui habitent en face du lycée pour planquer des munitions dans leurs thuyas, et pourquoi il avait demandé aux flics de pas rentrer dans le lycée pour ne pas provoquer d'émeute et de mouvement de panique. C'était dingue, cette histoire. Le lycée a été fermé pour la journée. Les prof sont restés là pour assurer leur service. Moi, j'avais cours jusqu'à 16h. Bonjour l'ennui ! J'ai corrigé des copies, bu 12.000 cafés, discuté avec tout le monde et Brigitte a même ramené un Trivial Pursuit. C'est là que j'ai appris que la prof de micro-biologie venait d'Epfig. Trop la 4ème dimension ! Bref, on se demandait tous comment ça allait continuer, pourquoi le lycée fermait pas jusqu'aux vacances et tout ça. Les gens qui avaient un i-Phone nous communiquaient les dépêches : des émeutes à Nanterre, des vitrines pétées, des magasins pillés, des voitures brûlées, des CRS partout, des blocus même dans les lycées chics du XVIème. On entendait à la radio des gamins de 15 ans témoigner parce que soi-disant ils s'inquiétaient de leur avenir... Moi, à 15 ans, j'organisais mon voyage en Norvège, pensais à mon Bac Français, à comment j'allais pouvoir remonter ma moyenne en Allemand (merci Huguette !) et me demandais comment réussir un lavis parfait à l'aquarelle.
Et enfin, le jeudi est arrivé. Des sms tournaient parmi les élèves pour continuer le blocus, remplir les Eastpack de munitions, tout casser dans le lycée et brûler les voitures des prof. Franchement, quand j'ai commencé mes cours, j'en menais pas large. Je me suis dit bon, qu'on me brûle ma voiture, je dis pas, le Rectorat va me la rembourser, je suis sous le couvert de la loi de protection du fonctionnaire. Mais dans mon coffre, y'a ma vieille machine à écrire Underwood, mon gros dé orange de quand j'étais petite et le vieil hachoir à viande rouge de ma grand-mère de Roumanie et ça, j'y tiens. Mais bon, y'avait un tel dispositif partout, avec des flics, des CRS, des gens pour surveiller le parking et tout ça, que, finalement, il ne s'est rien passé du tout. J'ai vaguement assuré mes cours avec les quelques courageux qui étaient venus au lycée (5 élèves par classe). Enfin, assuré mes cours, c'est un grand mot, parce qu'on a débattu avec les élèves. Il ne s'agissait plus du tout de réforme des retraites, ils voulaient casser du flic et du bourgeois. Ils avaient appelé à la rescousse tous les craignos des cités chaudes avoisinantes pour venger l'élève qui avait été mis en garde à vue à cause du proviseur, et ils voulaient se venger de la police qui les avait gazés exprès, tout ça parce qu'ils étaient noirs ou arabes, tout en les insultant copieusement s'entend... Et ça a dévié sur du "Ouais mais madame, vous trouvez ça normal que les flics débarquent chez nous à 6h du matin et qu'ils foutent mes frères en caleçon dans le couloir avant de retourner tout l'appartement ?" (...), du "Ouais, mais les fliquettes, c'est les pires, la vie d'ma mère, comment elles se la pètent, là, avec leur uniforme !" ou du "On vous jure, Madame, les Blancs, ils leur ont rien dit, mais nous ils nous traitent !". Et là-dedans, y'avait un élève qui venait de se prendre 3 mois avec sursis pour avoir jeté un pavé, alors que, naturellement, c'était pas lui. Bref, c'est dur de faire un débat sur la justice et l'équité, tout en restant neutre, quand vous êtes payé pour faire un cours sur le preterit et les prépositions spatiales.
Enfin, maintenant, je m'en fous. Priorité aux visites d'appartements. On a déjà vu u
n 47m2 à 850€ mais tout pourri, genre avec le plâtre qui se barre des murs et des toilettes avec sanibroyeur, un 60m2 tout lumineux à 900€ mais construit dans l'ancienne aile d'un château donc supra-humide et avec une salle de bain trop naze de 2m2, ce soir on visite un duplex mansardé et lundi un 70m2 à 1200€ chauffage compris à Saint-Germain-en-Laye. Heureusement, y'a le Chinois de Maisons-Laffite pour nous ravitailler et ça, c'est drôlement réconfortant. Et puis, Charlotte a assez d'essence pour rentrer en Alsace mercredi. Et on va se faire une super-soirée d'Halloween avec de la soupe de petit-rond et des oeufs-tarentules.
rope et ailleurs. Je comprends pas pourquoi les Français râlent encore. Evidemment, c'est leur marque de fabrique, mais quand même ! Faut bien que tout le monde y mette un peu du sien pour redresser ce pauvre pays, non ? Et puis, les régimes spéciaux de je sais pas quoi, là, les femmes n'ont qu'à arrêter de pondre des moutards qui nous pourrissent la vie, au lieu de chouiner.Bref, donc moi je bosse. Ce doit être mon côté alsacien. En plus, je fais jamais grève. Déjà, parce que ça sert à rien, on a beau foutre le bronx dans les rues, c'est pas nous qui décidons, t'façon. J'oeuvre pour assez de causes perdues comme ça, les ours bruns à collier en Chine, l'élevage des animaux en batterie et la culturation des élèves. Ensuite parce que ça me fait perdre une, voire plusieurs, journées de salaire et mon train de vie ne me le permet absolument pas. Hors de question que je mange des pâtes Lidl collantes alors que je peux me faire de la bonne potée lorraine avec de la charcut' de chez le boucher.
Mais l'information normale a dépassé mon entendement. Je veux dire au lycée, en tout cas. Mes élèves, qui sont bêtes à manger du foin, ont voulu faire style on est solidaires, on fait un blocus et on manifeste. Bon. Soit. Sauf que tout ça, c'est juste un prétexte pour pas aller en cours. Faut pas me dire que le jeune pige quoi que ce soit aux réformes gouvernementales ! Déjà que moi je capte pas la moitié, alors eux...!
Ca a commencé vendredi dernier. J'avais une réunion parents-prof. Je bosse pas le vendredi. Alors je me suis pointée comme une fleur à 17h30. J'ai voulu me garer dans la rue, vite fait, mais en sortant de ma voiture, j'ai vu d'autres voitures aux pare-brise pétés, et là je me suis dit hum, ça craint, finalement, je vais plutôt aller me garer sur le parking du lycée. Et là, j'ai appris, médusée, que les élèves avaient voulu manifester. Sauf que ça avait complètement dérapé. Ils avaient pété leur fontaine à eau de la cantine, brûlé des poubelles, renversé les tables d'une salle de classe, poussé une prof par terre, jeté des projectiles et tout ça. Le lycée avait été fermé tout l'aprèm'. La réunion parents-prof a été vite torchée parce qu'il y avait un pelé et deux tondus, et tout le monde se demandait ce que la semaine suivante allait nous réserver.
Le lundi, la journée a commencé normalement. Sauf qu'à la récré, ça a été rebelote. La sonnerie a retenti et les élèves se sont précipités dans la rue après s'être couverts la tête de leur capuche et le nez d'un foulard ou d'un keffieh. Suite aux échauffourées de vendredi, le proviseur avait alerté le référent-police, le préfet, le rectorat et patacouffin. Alors les policiers étaient dans la rue aussi, déguisés en coléoptères, avec leurs boucliers transparents, genre légions de César. Moi j'étais sous le marronnier avec mes collègues d'ébénisterie, et on observait le spectacle derrière le grillage d'enceinte et les rosiers rabougris. Les élèves se sont mis à gueuler comme des veaux, d'abord "Sarko on t'encule !" puis "Nique la police !". Moi, je trouvais que les flics avaient méga la classe. Ils mouftaient pas, droits comme des i. Et, tout à coup, on a vu des trucs voler dans leur direction : un poste de radio, des canettes, des pierres. Les flics ont pas bougé. Sauf que ça a recommencé, plus violemment. Et là, comme un seul homme, ils ont chargé. J'ai halluciné. C'est parti en live. Les élèves qui étaient restés dans la cour étaient suspendus au grillage avec leur téléphone portable à la main, dans l'espoir secret de filmer une éventuelle bavure policière. Y'a eu des fumigènes, comme ceux qu'on voit dans les matchs de foot, et du gaz lacrymo. Evidemment, quand y'a du gaz lacrymo, c'est toujours pour ma pomme. Je me suis soudain mise à tousser, hoqueter, larmoyer, à deux doigts de vomir mes tripes. Je me suis précipitée en salle des profs où mon collègue Michel m'a payé un 25 normal. J'ai même pas réussi à le remercier, ma voix avait disparu. Des élèves avaient été transportées à l'hôpital après s'être évanouies... Et puis c'est passé. Et on a vaguement repris les cours à 11h avec les quelques élèves qui restaient.
Le mardi, j'avais pas cours, enfin, j'étais convoquée à une réunion avec l'inspecteur qui nous faisait part des nouvelles modalités d'examen, et l'aprèm', je donnais mes cours à l'IUT, avec mes étudiants civilisés, ceux qui veulent devenir ingénieurs en énergies renouvelables ou dans l'aérospatiale.

Et puis y'a eu le mercredi. J'ai fait la route de bonne heure, dépassant toutes les stations service menacées de pénurie de carburants imminente, devant lesquelles s'agglutinaient déjà des dizaines de voitures. Je me suis pointée comme d'hab' au lycée et là, à la grille, j'ai vu les 3 CPE, la proviseuse-adjointe dont la fille étudie à Strasbourg, les assistants d'éducation et le proviseur dans un sale état, tout courbaturé, avec un oeil mi-clos, violet et bouffi et des points de suture à l'arcade. Y'a pas eu cours ce jour-là. Enfin, on a accueilli les quelques élèves qui étaient là, on leur a fait un rappel à la loi, genre mini-cours d'éducation à la citoyenneté, et on les a raccompagnés au portail. Puis le proviseur nous a tous réunis et nous a raconté comment ils s'était pris un pain dans la figure et des coups de pieds dans les côtes, comment 6 de nos élèves avaient été arrêtés, comment tout le monde avait failli se prendre des pavés, qu'une bagnole avait été renversée et brûlée, et puis que les élèves avaient investi les jardins des petites vieilles qui habitent en face du lycée pour planquer des munitions dans leurs thuyas, et pourquoi il avait demandé aux flics de pas rentrer dans le lycée pour ne pas provoquer d'émeute et de mouvement de panique. C'était dingue, cette histoire. Le lycée a été fermé pour la journée. Les prof sont restés là pour assurer leur service. Moi, j'avais cours jusqu'à 16h. Bonjour l'ennui ! J'ai corrigé des copies, bu 12.000 cafés, discuté avec tout le monde et Brigitte a même ramené un Trivial Pursuit. C'est là que j'ai appris que la prof de micro-biologie venait d'Epfig. Trop la 4ème dimension ! Bref, on se demandait tous comment ça allait continuer, pourquoi le lycée fermait pas jusqu'aux vacances et tout ça. Les gens qui avaient un i-Phone nous communiquaient les dépêches : des émeutes à Nanterre, des vitrines pétées, des magasins pillés, des voitures brûlées, des CRS partout, des blocus même dans les lycées chics du XVIème. On entendait à la radio des gamins de 15 ans témoigner parce que soi-disant ils s'inquiétaient de leur avenir... Moi, à 15 ans, j'organisais mon voyage en Norvège, pensais à mon Bac Français, à comment j'allais pouvoir remonter ma moyenne en Allemand (merci Huguette !) et me demandais comment réussir un lavis parfait à l'aquarelle.
Et enfin, le jeudi est arrivé. Des sms tournaient parmi les élèves pour continuer le blocus, remplir les Eastpack de munitions, tout casser dans le lycée et brûler les voitures des prof. Franchement, quand j'ai commencé mes cours, j'en menais pas large. Je me suis dit bon, qu'on me brûle ma voiture, je dis pas, le Rectorat va me la rembourser, je suis sous le couvert de la loi de protection du fonctionnaire. Mais dans mon coffre, y'a ma vieille machine à écrire Underwood, mon gros dé orange de quand j'étais petite et le vieil hachoir à viande rouge de ma grand-mère de Roumanie et ça, j'y tiens. Mais bon, y'avait un tel dispositif partout, avec des flics, des CRS, des gens pour surveiller le parking et tout ça, que, finalement, il ne s'est rien passé du tout. J'ai vaguement assuré mes cours avec les quelques courageux qui étaient venus au lycée (5 élèves par classe). Enfin, assuré mes cours, c'est un grand mot, parce qu'on a débattu avec les élèves. Il ne s'agissait plus du tout de réforme des retraites, ils voulaient casser du flic et du bourgeois. Ils avaient appelé à la rescousse tous les craignos des cités chaudes avoisinantes pour venger l'élève qui avait été mis en garde à vue à cause du proviseur, et ils voulaient se venger de la police qui les avait gazés exprès, tout ça parce qu'ils étaient noirs ou arabes, tout en les insultant copieusement s'entend... Et ça a dévié sur du "Ouais mais madame, vous trouvez ça normal que les flics débarquent chez nous à 6h du matin et qu'ils foutent mes frères en caleçon dans le couloir avant de retourner tout l'appartement ?" (...), du "Ouais, mais les fliquettes, c'est les pires, la vie d'ma mère, comment elles se la pètent, là, avec leur uniforme !" ou du "On vous jure, Madame, les Blancs, ils leur ont rien dit, mais nous ils nous traitent !". Et là-dedans, y'avait un élève qui venait de se prendre 3 mois avec sursis pour avoir jeté un pavé, alors que, naturellement, c'était pas lui. Bref, c'est dur de faire un débat sur la justice et l'équité, tout en restant neutre, quand vous êtes payé pour faire un cours sur le preterit et les prépositions spatiales.
Enfin, maintenant, je m'en fous. Priorité aux visites d'appartements. On a déjà vu u
n 47m2 à 850€ mais tout pourri, genre avec le plâtre qui se barre des murs et des toilettes avec sanibroyeur, un 60m2 tout lumineux à 900€ mais construit dans l'ancienne aile d'un château donc supra-humide et avec une salle de bain trop naze de 2m2, ce soir on visite un duplex mansardé et lundi un 70m2 à 1200€ chauffage compris à Saint-Germain-en-Laye. Heureusement, y'a le Chinois de Maisons-Laffite pour nous ravitailler et ça, c'est drôlement réconfortant. Et puis, Charlotte a assez d'essence pour rentrer en Alsace mercredi. Et on va se faire une super-soirée d'Halloween avec de la soupe de petit-rond et des oeufs-tarentules.

Diw Gzmgz,
RépondreSupprimerIte iz note bicoze iou donte eudeuwstaind ènicing eubaout dix boulchite wifowm zat èvewy ouane iz eu foul, iou no... Aktcheuly, iow pioupils awe foul, beut zè awe eu maïnowiti... Kohl mi, end aï ouil expleyn iou ouaille oui awe goingue tou bi feuckd baille dix feuking kwap govewnment....
Baille