samedi 25 décembre 2010

Don't merry X-Mas, marry me !

Je suis à Straßburg. A chaque fois, c'est comme si je n'étais jamais partie. J'ai beau passer des semaines et des semaines à Paris, quand je passe le panneau "Vous êtes en Alsace", Paris n'existe plus. Je suis à nouveau chez moi. Je rentre de déplacement. Je me mets un peu dans la peau d'une commerciale ou d'un chauffeur routier qui fait de l'International. Tout ce que j'ai pu râler et pleurnicher s'évanouit comme par enchantement. Ah, saleté de boulot qui vous oblige à voyager... mais qu'il est doux de rentrer à la maison !
Lorsque les vacances arrivent, je m'en fous de me taper 2h d'embouteillages sur le périph' ou de mettre 8h à rentrer parce qu'il y a de la neige jusqu'au plafond, des saleuses qui me dégueulassent ma voiture ou des plaques de verglas sournoises. Je rentre, un point c'est tout !
Ma vie devient d'une routine confondante. Et je ne suis presque plus énervée après Paris parce que, t'façon, c'est pas chez moi et l'Alsace n'est plus ce bout du monde que je croyais. Une fois la Francilienne dépassée, j'en arrive à m'extasier devant Vitry-le-François ou la station Total de Sézanne.
Je suis calme. Je n'ai plus ce besoin impérieux de revoir les miens amis, comme si c'était la dernière fois que je les voyais, ou comme s'ils allaient disparaître une fois les Vosges traversées. Plus besoin de se mettre la tête à l'envers lorsque nous nous retrouvons, comme pour fêter d'incroyables retrouvailles qui seront peut-être les dernières. Nonon, nous passons des journées normales, à nous faire des tisanes détox, "Filiforme" ou "Digestion légère", des salades de radis noir ou des poireaux vinaigrette. Je continue à faire mes courses dans mes petits endroits, je réponds à mon courrier, je gère ma ferme virtuelle. Me suis quand même farci le Marché de Noël, que je trouvais féérique encore l'hiver dernier. Bon, bien sûr, j'y suis pas allée un samedi aprèm', je suis pas débile non plus, mais un mardi matin, et j'ai trouvé ça hyper glauque, presque autant que celui des Champs-Elysées, avec des chalets de poteries moches du Sud, des petits arbres en perles et des savons parfumés. En plus, maintenant que je sais que le vin chaud qui y est proposé est fait à base de poudre, je me dis que le mythe est flingué. J'arrive désormais à faire la part des choses. Tout, en Alsace, n'est pas mirobolant et je retrouve mes vieilles habitudes.
C'est peut-être la neige d'aujourd'hui qui me fait dire ça. Les avions d'Orly n'ont plus de lave-glace anti-gel et les saleuses alsaciennes n'ont plus de sel. Du coup, tout est recouvert d'une neige apocalyptique, 15 bons centimètres. Les affreux panneaux publicitaires sont cachés et c'est le silence. C'est le 25 Décembre. L'esprit de Noël s'est envolé. Le sapin d'Hélène a toujours fière allure dans son salon, avec sa déco rouge et blanche. J'ai rajouté mon porte-clefs Hello Kitty dans sa crèche antique et les bouteilles de Meteor de Noël ont disparu sous la neige de son balcon.
Pour la première fois depuis mes 10 ans, nous avons passé Noël à Phalsbourg. Ca faisait bizarre de plus se taper le sempiternel rôti de porc et le chou rouge aux marrons de Mamema, de plus se pinter la gueule au Vendanges Tardives avec Tonton Christian et de tous se fâcher avant la fin du repas parce que mon père avait ENCORE apporté une bûche dégueu avec de la crème au beurre. Là, Jojo s'est fendu des scargots, du foie gras, du saumon et des toasts. J'ai préparé un poulet au vin jaune et aux morilles avec des spätzles, avec du vin d'Arbois parce qu'il n'y avait plus de vin jaune à la Coopé. Et Evange a ramené le dessert et des bredele maison. On avait tellement faim qu'on a oublié de boire le Champagne de l'apéro et les mioches de Jojo étaient nazes, donc on a ouvert les cadeaux super vite. J'ai reçu une crème anti-rides, une crème anti-cernes et une crème anti-cellulite, entre autres. Paris ne me va décidément pas au teint pour que tout le monde se rende compte de ma sale figure... Et à 21h30, c'était plié. Sauf que j'avais envie de me coucher et que, comme tout le monde dormait là, on m'avait affectée au canapé du salon, mais les mioches avaient reçu un circuit électrique et une pelleteuse télécommandée et ça faisait un boucan d'Enfer, et je me suis rendu compte qu'après 2 ans de solitude parisienne, je ne supportais presque plus ni le vacarme ni le monde. On a fini par se mater un film d'horreur de série B avec Evange, Albert et Jojo, un film à petit budget avec 3 acteurs et une bicoque moisie et on s'est bien marré.
Ce matin, pour repartir, ça a été moins drôle. Dehors, on se serait cru à Novosibirsk. On a fait le trajet jusqu'à l'Autobahn dans la BM de Jojo qui, elle, est équipé de pneus-neige et déjà là, ça glissait sa race. On a joué aux éclaireurs pour voir l'état des routes... Et puis je suis repartie avec ma voiture, cahin-caha. Mais bon, j'ai fini par rentrer à bon porc. C'est marrant, quand même, on a passé notre courte vie à se dire que punaise, à l'époque, on avait quand même de beaux hivers, quand Papa venait nous chercher à l'école en luge, mais avec ce sale, sale réchauffement climatique, tout ça c'est bel et bien fini. Et puis il a neigé cet hiver. Les mioches de Jojo découvrent les tours en luge, et il va plus neiger pendant 25 ans et, à leur tour, il vont se dire qu'avec ce sale, sale réchauffement climatique, tout ça c'est bel et bien fini...
Allez, j'arrête mon blabla. Ces derniers temps, je radote un peu des trucs pas intéressants et ça fait "Cher journal, hier soir on a passé un super Noël avec Papa et Maman...". Relou. Je pense que le 3 Janvier, je serai sans doute dans de meilleures conditions, ou de pires, en fonction du côté où on se place, pour user de davantage de fiel et de nostalgie. Surtout que là, en plus, y'a Nouvel An qui approche, et ça va être vachement chouette. Donc rien à dire. Personne sur qui dégueuler. Faut que j'arrête d'écrire quand je suis dans mon cocon alsacien, en fait. Peut-être que les gens ont raison, Paname est la ville de la création. Si tout le monde y est aussi malheureux que moi, je comprends maintenant.
Quel rapport avec le titre de cet article ? Absolument aucun. Je l'ai trouvé sur Fratzbuech et j'ai trouvé ça hilarant. Allez, encore 8 jours à tenir et je serai de nouveau déprimée :)

2 commentaires:

  1. "Ah, saleté de boulot qui vous oblige à voyager... mais qu'il est doux de rentrer à la maison !"

    tu as plagié Du Bellay ;)

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  2. Sûrement mes années de fac gravées dans mon subconscient !

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