Ah mais non, mais c'est juste plus possible, là. Ce matin, après la récré de 10h, j'ai embarqué ma fournée d'élèves vers la salle 8, au rez-de-chaussée. Et tout à coup, j'ai été saisie par une quinte de toux d'un autre temps, genre celle qui va vous faire dégueuler sur les marches d'un moment à l'autre. Et, derrière moi, j'ai entendu ma classe tousser aussi. Pensant qu'on se moquait de moi, ce qui aurait été tout à fait plausible, je me suis retournée pour gronder les impertinents, mais aucun son n'est sorti de mon gosier, un vague "scouiiiiiiiiiiiik" tout au plus. Et là, j'ai vu l'
horreur de la situation : mes filles chancelaient, toussaient, crachaient, éternuaient, pleuraient, couinaient : "Madaaaaaaaaame, c'est la gazeuse, wèsch !". Nous nous sommes précipitées et claquemurées dans la salle... Clotilde a fait une crise d'asthme. Sabah éternuait à n'en plus finir. Soraya se mouchait et se mouchait et se mouchait. Djeneba faisait l'autruche dans son col roulé. Les fenêtres de la salle étaient condamnées et le couloir piégé. Nous allions toutes mourir ici. Un abruti avait balancé du gaz lacrymogène dans le hall... N'écoutant que mon courage et décidée à faire preuve de sang-froid, j'ai tenté de calmer mes troupes, mais à chaque fois que j'ouvrais le bec, la gorge me brûlait, j'éternuais à mon tour, mes yeux pleuraient, je toussais à m'en décoller la plèvre et c'est un pauvre son tremblotant qui sortait de ma bouche. 2h dans cette salle, à assurer mon cours chaotique, à emprunter des mouchoirs aux élèves, à esponger discrètement mon eye-liner en vrac... Mais j'ai passé 2h dans le calme avec des élèves, inquiètes, qui me proposaient de boire un peu d'eau... dans leur bouteille contaminée... Plutôt crever de soif et voir des mirages... Mais bon... Le gaz lacrymogène est fédérateur et crée sûrement des liens indéfectibles...
horreur de la situation : mes filles chancelaient, toussaient, crachaient, éternuaient, pleuraient, couinaient : "Madaaaaaaaaame, c'est la gazeuse, wèsch !". Nous nous sommes précipitées et claquemurées dans la salle... Clotilde a fait une crise d'asthme. Sabah éternuait à n'en plus finir. Soraya se mouchait et se mouchait et se mouchait. Djeneba faisait l'autruche dans son col roulé. Les fenêtres de la salle étaient condamnées et le couloir piégé. Nous allions toutes mourir ici. Un abruti avait balancé du gaz lacrymogène dans le hall... N'écoutant que mon courage et décidée à faire preuve de sang-froid, j'ai tenté de calmer mes troupes, mais à chaque fois que j'ouvrais le bec, la gorge me brûlait, j'éternuais à mon tour, mes yeux pleuraient, je toussais à m'en décoller la plèvre et c'est un pauvre son tremblotant qui sortait de ma bouche. 2h dans cette salle, à assurer mon cours chaotique, à emprunter des mouchoirs aux élèves, à esponger discrètement mon eye-liner en vrac... Mais j'ai passé 2h dans le calme avec des élèves, inquiètes, qui me proposaient de boire un peu d'eau... dans leur bouteille contaminée... Plutôt crever de soif et voir des mirages... Mais bon... Le gaz lacrymogène est fédérateur et crée sûrement des liens indéfectibles...Bref. Ce lycée est un désastre. Cette "anecdote" n'est pas sans me rappeler la journée des associations qui s'était tenue avant les vacances et que j'ai tenté d'oublier. On appelle ça un déni de 9-2. Mais là, ça m'est revenu, comme un flash.
L'idée de départ était noble : banaliser une journée pour permettre aux élèves d'aller à la rencontre d'intervenants extérieurs, représentants de la Police Nationale, de "Cessez-le-Tir", de "Ni Putes ni Soumises", de "Games Addicts", du Mouvement Gay et Lesbien, des médecins ou diététiciennes, etc... Cool. Sauf que.On m'a collée avec une classe d'abrutis finis que je ne connaissais pas, et le carnage a commencé.
Première heure avec des médecins de "Prévention-Sida". Deux dames toutes menues à la voix fluette face à un troupeau de dégénérés. Question : "Oui, alors, chers élèves, savez-vous comment on peut être contaminé par le virus du sida ?" Réponse : "Par la mouille de la meuf, wèsch !". (Rires gras). Question : "Bien, bien, savez-vous comment enfiler un préservatif ?". Réponse : "Faut d'jà qu'on l'fasse nous-même, wèsch, la meuf avec ses ongles, elle déchire tout." (Rires gras). La meuf n'a décidément pas bonne presse dans le 9-2. Les gentilles dames avaient apporté un carton de capotes à leur distribuer. Les idiots se sont précipités dessus, comme la misère sur le monde. On en a retrouvé dans les couloirs du lycée pendant des jours...
Puis nous avons rencontré les gens du Mouvement Gay et Lesbien. Une petite lesbienne de 22 ans toute sympa et un gay tunisien genre go-go dancer. La rencontre a tourné au vinaigre parce que dans le Coran, la sodomie est interdite et, m'sieur, c'est dégueulasse d'enculer des mecs, et blablabla. Naturellement, rien à reprocher à la fille, "Hein les gars, on a tous envie d'avoir deux meufs dans son pieu !" mais incompréhension totale des préférences du gay qui avoue rester mou devant Clara Morgane. Entre nous, je partage son opinion, mais bon. La fille, non dénuée d'humour, rétorque qu'elle, Clara Morgane la fait bander. Un élève, effaré, de s'exclamer : "Quoi, vous êtes un trans', en plus ?!"... Je ne sais pas ce qui m'a le plus agacée : le brouhaha permanent ou la bêtise crasse des élèves...
Allant crescendo, nous avons changé d'atelier. Les ni Putes ni Soumises nous attendaient, une Black du 9-3, un peu wèsch et un peu forte, et sa copine marocaine. La Black leur a parlé de la fille qui a été brûlée... Un débile réagit : "Normal, madame, c'était
une tinp (putain. NDLR) wèsch !". Question : "Trouvez-vous normal de brûler une fille car elle a une jupe un peu trop courte ou qu'elle refuse vos avances ?". Réponse : "Elle a qu'à s'voiler, wèsch !". La conversation dérape sur la polygamie que les élèves approuvent à grand renfort de "Wèsch, trop cool, quand y'en a une qui est enceinte, l'autre prend le relai, on reste jamais comme des cons !". Il y a 3 filles dans la classe. Aucune ne moufte. La Black tente de les secouer, de les faire réagir. Rien. Désolant.L'atelier diététique est un peu plus drôle. La diététicienne s'escrime à leur parler d'équilibre alimentaire, de 5 fruits et légumes par jour, de sport, de manger-bouger.fr et tout et, à la fin de la séance, quand elle leur présente 2 menus, un genre poisson vapeur, brocolis, quinoa, yaourt nature et un autre, hamburger, mayo, Coca, glace, et qu'elle leur demande lequel il faut choisir, la grosse Linda s'exclame, en désignant le second : "Celui-là, il est troooop bon !".
Le dernier atelier a été triste. Un couple de personnes d'un certain âge, ayant monté leur association "Cessez-le-tir" après que leur fils de 20 ans est mort tué par balle à la sortie d'un établissement scolaire, a décidé de militer contre l'introduction des armes à feu à l'école. La vieille femme a la voix qui tremble. 3 courts-métrages sont proposés pour rendre l'atelier ludique. Mais, pendant ce temps, les élèves envoient des sms, font grincer les sièges de l'amphithéâtre, bavardent, rigolent, comparent les personnages des films à leurs profs. Alors la femme s'arrête de parler, s'adresse à son mari en lui disant qu'ils ont failli à leur mission aujourd'hui, que leur discours n'intéresse personne, puis
regarde un élève et lui dit : "Ca ne t'intéresse pas, n'est-ce pas ?" Et l'élève de répondre : "Chacun sa merde". Elle a perdu son fils.Bref. Je suis sûre que les cochons aiment les perles autant que la confiture. Les élèves ne se rendent compte de rien, ne s'intéressent à rien, n'ont ni compassion, ni ouverture d'esprit, ni le respect qu'ils prônent avec tant de ferveur. Ca me fait penser à mon collègue Arnaud qui tente d'enseigner le siècle des Lumières aux élèves qui pensent que c'est un siècle dédié à la découverte de l'électricité ou qui pensent que le Chevalier de la Barre est le chevalier qui se trouve sur les paquets de biscuits (les Prince de Lu. NDLR).
Demain, si vous le voulez bien, j'irai au stand porcherie du Salon de l'Agriculture apporter un petit pot de confiture de mûres aux porcs d'exposition. Leur regard mouillé de reconnaissance me fera sans doute chaud au coeur. Lui.

oah putaiiiiiiiiiiiiiin.... la dech maGz!!!! Franchement, j'échangerais ceux de mon école qui me proposent de la tarte au sable à la récré contre les tiens pour rieeeeen au mooooooonde.....
RépondreSupprimerHaaaaaaaaahaaaaaaaaaahaaaaaaaaaa !!!!!!!!!! Si c'est aussi mauvais que la tarte au concombre, c'est la zermi de la fin du monde, sur le Coran d'la Mecque !
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