L'élève m'effare. L'élève m'harasse (ma race, la vie d'ma mère, sur le Coran d'la Mecque !). J'avais connu le petit urbain de Colmar qui se la wèsch-wèschait gros dur du 9-3. Puis le petit rural de Bischwiller tout brave, des boutons plein la figure et qui sentait la chaussette. Maintenant, je découvre avec stupéfaction le petit banlieusard, qui n'a rien à voir ni avec l'élève des villes, ni avec celui des champs.
Le petit (enfin "petit
"... on s'entend, hein !) banlieusard ne ressemble à rien, puisqu'il ressemble à tout. Il est multicolore, multi-ethnique, multi-confessions mais, hélas, pas multi-Q.I. Les grandes Blacks sont tellement habillées comme des salopes (micro-short moulant taille 8 ans, micro-dos-nu, stillettos à paillettes et maquillage outrancier) qu'elles pourraient aller laver des Mercedes dans des clips de rap avec leurs nibards couverts de mousse. Les grands Blacks se prennent pour des basketteurs américains, avec des T-shirts XXXXXL qui leur pendent jusqu'aux genoux, des pantacourts baggy décorés de tags en broderie, d'immondes casquettes trop grandes et mises de travers, des colliers et des bagouzes énormes en faux plastic doré et des baskets de l'espace jaune fluo avec une couture entre le gros orteil et les autres qui font genre shoes de geisha. Les ptits Arabes, eux, se la pètent plus fashion, ils se font des décorations à la tondeuse dans les cheveux (un zigzag pourrave, le petit lapin de Playboy ou un vieux damier), portent un pantalon si bas sur les hanches, qu'on leur voit la culotte, des pompes de ville à bout pointu qu'on dirait des babouches, et empestent le parfum. Les filles sont un peu plus discrètes mais se déguisent quand même en candidates de Secret Story, quand elles n'arrivent pas en djellaba.
Ma préférence va, comme toujours, aux petits élèves discrets qui ont un profil de latinistes. Le petit rouquin à lunettes qui écrit à l'encre et lève le doigt avant de l'ouvrir ; la demi-portion, à lunettes aussi, tellement coinços qu'il finirait serial-killer que ça m'étonnerait pas ; la petite fayotte, toujours enlunettée et à cheveux gras mais portant T-shirt de groupe, qui vient me voir à la fin de l'heure pour me dire, l'air gêné, que bon, dans la classe, désolée, hein, mais ils écoutent que du R'n'B et du rap, et le p'tit gars à cheveux longs, Rangers et T-shirt Nirvana qui a fait de l'Allemand au collège (ce qui est aussi incongru ici qu'apprendre le Tagalog à Oslo).
Mais à part ce groupuscule érudit qu'on se demande bien ce qu'ils foutent là, les élèves sont d'une ignorance et d'une bêtise crasses, et encore, je suis sympa. Il est difficile de trouver les mots pour décrire ce que je vois et, lorsque je les trouve et que je raconte, soit on croit que je vis sur une autre planète, soit on m'accuse d'en rajouter pour faire mon intéressante.
Ah, mais lorsqu'on travaille sur l'autobiographie avec eux, qu'on leur demande, ensuite, de rédiger un texte "à la manière de", qu'on leur donne un début "Je me souviens, j'avais 8 ans..." et qu'on trouve dans une copie : "Je me souviens, j'avais 8 ans et j'ai capté mon frère qui fumait un oinj'", on a envie de pleurer sa mère.
Pareil quand on leur donne un devoir et qu'on le récupère rédigé non pas en Français mais en Urdu parce que le Français, la vie de ma mère, je capte queue dalle.
Quand on lit dans un quizz de culture générale, à la question : "Quelle est la capitale de l'Afrique du Sud ?" la réponse : "L'Afrique du Sud n'a pas de capitale car c'est un pays.".
Quand une élève affolée vient me voir pour me demander comment je fais pour être à l'heure car elle croit que je suis Américaine (puisque je suis prof d'Anglais, normal...) et que je fais NYC-Le 9-2 en avion tous les matins.
Quand je me fais engueuler par une élève qui se lève en plein cours pour aller se remaquiller dans le miroir du rétro-projecteur (cassé) et que je rappelle à l'ordre : "Ouais, mais putain, mais c'est bon, là, je suis même pas en train de parler !".
Quand une maman, avec des cocards sous les yeux, vient se plaindre au lycée parce qu'elle a été tabassée par sa fille.
Quand les élèves m'attrapent par la manche pour me poser une question, quand ils tentent de négocier un 20 contre 1g de coke ou quand ils gueulent "Mais tu vas me répondre, espèce de vieille peau ?" (Alors, là, c'était le pompon !) quand je ne réponds pas TOUT DE SUITE à leur question ou qu'ils me disent en souriant : "J'la r'mets en place, elle est trop grosse !" quand je leur demande pourquoi ils farfouinent dans leur braies.
Quand tout ça arrive, oui, je repense à ma grand-mère qui, me voyant avec ma jupe traînant par terre et mes cheveux teints, s'écriait "Pauvre France !" et se précipitait sur son téléphone pour appeler mon père et lui raconter que franchement, het die Jungen, àwer où va-t-on, et wànn s'éch nét à Mißèr, et de son temps quand les filles sortaient gantées et surtout pas en cheveux, et blablabla... C'était en 1991. Aujourd'hui, j'ai une pensée pour elle. Je suis contente de la savoir dans sa maison de retraite du Bois-Fleuri, avec ses copines qui ont connu De Gaulle (Ah, mais ma chère, De Gaulle, c'était quelqu'un !), loin du n'importe quoi actuel. Et, si elle devait en sortir, je ferais comme Alexander Kerner, dans Goodbye Lenin...
Sur ces bonnes paroles, je vais aller rédiger mon rapport contre celle qui m'a traitée de vieille peau. Comme je suis en forme, je vais tellement te la massacrer qu'elle aura plus qu'à quitter le pays après, et si ça marche pas, je paye un billet d'avion à un des élèves de ma soeur qui est en Guyane. Paraît qu'ils font du vaudou, là-bas... Tu m'diras, y'en a sûrement aussi dans le 9-2, mais bon... Parce que mine de rien, à cause d'elle, j'ai passé ma soirée d'hier devant mon miroir à scruter mes cernes et mes rides et j'ai commandé du ginseng et du lait d'ânesse sur vente-privée.com...
Le petit (enfin "petit
"... on s'entend, hein !) banlieusard ne ressemble à rien, puisqu'il ressemble à tout. Il est multicolore, multi-ethnique, multi-confessions mais, hélas, pas multi-Q.I. Les grandes Blacks sont tellement habillées comme des salopes (micro-short moulant taille 8 ans, micro-dos-nu, stillettos à paillettes et maquillage outrancier) qu'elles pourraient aller laver des Mercedes dans des clips de rap avec leurs nibards couverts de mousse. Les grands Blacks se prennent pour des basketteurs américains, avec des T-shirts XXXXXL qui leur pendent jusqu'aux genoux, des pantacourts baggy décorés de tags en broderie, d'immondes casquettes trop grandes et mises de travers, des colliers et des bagouzes énormes en faux plastic doré et des baskets de l'espace jaune fluo avec une couture entre le gros orteil et les autres qui font genre shoes de geisha. Les ptits Arabes, eux, se la pètent plus fashion, ils se font des décorations à la tondeuse dans les cheveux (un zigzag pourrave, le petit lapin de Playboy ou un vieux damier), portent un pantalon si bas sur les hanches, qu'on leur voit la culotte, des pompes de ville à bout pointu qu'on dirait des babouches, et empestent le parfum. Les filles sont un peu plus discrètes mais se déguisent quand même en candidates de Secret Story, quand elles n'arrivent pas en djellaba.Ma préférence va, comme toujours, aux petits élèves discrets qui ont un profil de latinistes. Le petit rouquin à lunettes qui écrit à l'encre et lève le doigt avant de l'ouvrir ; la demi-portion, à lunettes aussi, tellement coinços qu'il finirait serial-killer que ça m'étonnerait pas ; la petite fayotte, toujours enlunettée et à cheveux gras mais portant T-shirt de groupe, qui vient me voir à la fin de l'heure pour me dire, l'air gêné, que bon, dans la classe, désolée, hein, mais ils écoutent que du R'n'B et du rap, et le p'tit gars à cheveux longs, Rangers et T-shirt Nirvana qui a fait de l'Allemand au collège (ce qui est aussi incongru ici qu'apprendre le Tagalog à Oslo).
Mais à part ce groupuscule érudit qu'on se demande bien ce qu'ils foutent là, les élèves sont d'une ignorance et d'une bêtise crasses, et encore, je suis sympa. Il est difficile de trouver les mots pour décrire ce que je vois et, lorsque je les trouve et que je raconte, soit on croit que je vis sur une autre planète, soit on m'accuse d'en rajouter pour faire mon intéressante.
Ah, mais lorsqu'on travaille sur l'autobiographie avec eux, qu'on leur demande, ensuite, de rédiger un texte "à la manière de", qu'on leur donne un début "Je me souviens, j'avais 8 ans..." et qu'on trouve dans une copie : "Je me souviens, j'avais 8 ans et j'ai capté mon frère qui fumait un oinj'", on a envie de pleurer sa mère.
Pareil quand on leur donne un devoir et qu'on le récupère rédigé non pas en Français mais en Urdu parce que le Français, la vie de ma mère, je capte queue dalle.
Quand on lit dans un quizz de culture générale, à la question : "Quelle est la capitale de l'Afrique du Sud ?" la réponse : "L'Afrique du Sud n'a pas de capitale car c'est un pays.".
Quand une élève affolée vient me voir pour me demander comment je fais pour être à l'heure car elle croit que je suis Américaine (puisque je suis prof d'Anglais, normal...) et que je fais NYC-Le 9-2 en avion tous les matins.
Quand je me fais engueuler par une élève qui se lève en plein cours pour aller se remaquiller dans le miroir du rétro-projecteur (cassé) et que je rappelle à l'ordre : "Ouais, mais putain, mais c'est bon, là, je suis même pas en train de parler !".
Quand une maman, avec des cocards sous les yeux, vient se plaindre au lycée parce qu'elle a été tabassée par sa fille.
Quand les élèves m'attrapent par la manche pour me poser une question, quand ils tentent de négocier un 20 contre 1g de coke ou quand ils gueulent "Mais tu vas me répondre, espèce de vieille peau ?" (Alors, là, c'était le pompon !) quand je ne réponds pas TOUT DE SUITE à leur question ou qu'ils me disent en souriant : "J'la r'mets en place, elle est trop grosse !" quand je leur demande pourquoi ils farfouinent dans leur braies.
Quand tout ça arrive, oui, je repense à ma grand-mère qui, me voyant avec ma jupe traînant par terre et mes cheveux teints, s'écriait "Pauvre France !" et se précipitait sur son téléphone pour appeler mon père et lui raconter que franchement, het die Jungen, àwer où va-t-on, et wànn s'éch nét à Mißèr, et de son temps quand les filles sortaient gantées et surtout pas en cheveux, et blablabla... C'était en 1991. Aujourd'hui, j'ai une pensée pour elle. Je suis contente de la savoir dans sa maison de retraite du Bois-Fleuri, avec ses copines qui ont connu De Gaulle (Ah, mais ma chère, De Gaulle, c'était quelqu'un !), loin du n'importe quoi actuel. Et, si elle devait en sortir, je ferais comme Alexander Kerner, dans Goodbye Lenin...
Sur ces bonnes paroles, je vais aller rédiger mon rapport contre celle qui m'a traitée de vieille peau. Comme je suis en forme, je vais tellement te la massacrer qu'elle aura plus qu'à quitter le pays après, et si ça marche pas, je paye un billet d'avion à un des élèves de ma soeur qui est en Guyane. Paraît qu'ils font du vaudou, là-bas... Tu m'diras, y'en a sûrement aussi dans le 9-2, mais bon... Parce que mine de rien, à cause d'elle, j'ai passé ma soirée d'hier devant mon miroir à scruter mes cernes et mes rides et j'ai commandé du ginseng et du lait d'ânesse sur vente-privée.com...

Je ne peux que confirmer ! ! ! ! Etant moi même parisienne de naissance, exilée de force en alsace en 2004 ..., je constate moi aussi depuis mon retour à paris la médiocrité générale qui règne dans cette jungle ! Une solution : le napalm ! ! ! ca décrasse et ca désinfecte ! ! !
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