mercredi 9 septembre 2009

The revers of the médaille


1 semaine vient de s'écouler. Bon, j'ai encore 1h demain matin, mais bon... Donc voici la suite de mes péripéties...
J'ai enfin trouvé l'entrée du parking pour me garer le matin. L'endroit est proprement affreux : un petit malin pisse régulièrement dans la cage d'escalier (sûrement un coup des élèves !) et la descente se fait malaisée, autant pour éviter de se saloper les souliers qu'au niveau de l'odeur. Puis, dans le parking, il faut slalomer entre d'immondes araignées préhistoriques qui descendent des néons en rappel...
Le sens de la propreté dans le 9-2 n'est sensiblement pas le même qu'en terre alsacienne. Inutile de faire monter les chaises sur les tables en fin de journée, les salles sont balayées, au mieux, une fois par semaine. Il n'y a jamais de papier WC dans les toilettes professeurs, et encore moins de savon. En plus, c'est crade. Autant dire qu'au lycée, je bois peu.
Comme la commune a refusé que l'établissement fût classé ZEP, cause mauvaise image et tout, eh ben on peut se brosser pour le matos pédagogique : les rétro-projecteurs sont pétés, il y a 2 radio-cassettes pour tout l'établissement (ceux qu'il y avait visiblement jadis ont été "empruntés"), ni télé, ni lecteur DVD (et après, on nous demande d'intéresser les élèves...), à part au CDI qui est tout le temps squatté. Les salles sont en piteux état (tables dépareillées, chaises branlantes, tableaux blancs destroyés, mouchoirs et papiers qui traînent partout...) et ma clef ne tourne jamais dans l'ascenseur. Je vais bientôt avoir la cuisse fuselée et le mollet en bouteille de Perrier à force de gravir et descendre les 5 étages.
Le beau discours du proviseur n'a été suivi d'aucun effet : les retardataires sont acceptés n'importe quand, les exclusions sont à éviter et le lycée, qui soi-disant était ouvert dès potron-minet (6h30) pour les collègues matinaux, ne l'est jamais avant 7h30 (merci, j'ai déjà poireauté comme une andouille devant la porte !) et, du coup, c'est le rush sur les 2 photocopilleuses (pour 80 profs). Il devrait y avoir 6 assistants d'éducation mais il n'y en a que 4 (apparemment, une annonce va être mise sur... Meetic, peut-être ?), les 2 CPE s'arrachent les cheveux parce que rien ne va comme ils veulent et le proviseur adjoint boit du café dans son bureau et ne sait répondre à aucune de mes questions. La salle des profs est un dépotoir, j'ai moi-même décollé des vitres des affiches jaunies de l'Amicale datant de Mathusalem, des livres traînent partout, la connexion internet ne fonctionne pas...
Quant aux élèves... quand j'ai la "chance" d'avoir des classes entières, ils sont 25 : certains ont eu 1/20 au BEP mais sont repris en Bac Pro, d'autres savent à peine parler Françoys, ou s'interpellent en Etranger pendant le cours, ou ils puent la mort (mélange transpi-ail-pieds-cheveux gras-déo-döner), ou ils viennent en cours et passent la nuit en prison, et ils se croient sur la Place du Marché à haranguer la foule pour vendre leur poisson en plein soleil. Je repense au reportage de ce prof qui disait avoir trouvé la solution miracle pour exceller dans la discipline et la pédagogie dans le 9-3. J'ai les mêmes élèves que lui et il n'y a pas de solution miracle. Mais les collègues sont vraiment chouettes.
Bref, des fois je me dis que j'aurais dû être prof de Latin en Classe Prépa...
Sinon, je ne vais quasiment jamais à Paris, c'est trop loin, ça me gonfle et, de toute façon, entre l'épuisement dû au lycée et mes trajets en voiture (qui sont parfois rapides mais parfois pas du tout, genre parce que les gens roulent comme des cons, coupent la route et empêchent le passage et parce que tout le monde a la bonne idée de vouloir aller sur le périph' aux heures de pointe), je n'ai plus la force de me tracter où que ce soit. Je m'adonne donc à des activités plus saines, comme les commissions au Carrefour de Gennevilliers, un petit apéro chez ma copine de Clichy (qui habite à 1km mais chaque fois que j'en reviens le soir, je suis pétrie de terreur car il faut passer sous un pont qui est un véritable coupe-gorge et je guette fébrilement les caméras de surveillance de Levallois, bien rassurantes.), ou bien je fais ma Putzfrau moyenne chez moi, quand je ne suis pas à mon bureau. 1 ou 2 concerts ici ou là m'ont fait me demander comment les gens pouvaient vivre là : faire 23 stations de métro pour sortir, c'est pas rien, surtout quand, à l'arrivée, la bière coûte 4€50 ! On ne peut se garer nulle part si on y va en voiture et tout est microscopique ! J'ai peur de rayer une aile de ma Golf en descendant dans les parkings souterrains, les places sont tracées au cm près, les salles, bars, restau, toilettes, sont faits pour Lilliputiens (à part au George V, mais là-bas, la tisane est à 9€ et la salade César à 80 !), les gens sortent fumer sur des trottoirs riquiquis et sont les uns sur les autres entre le mur et les voitures garées là, à avoir les cheveux qui trempent dans la bière du voisin.
Quand il fait chaud, je me demande ce qu'ils font à moins de quitter Paris ou de s'entasser sur les quais de Seine pollués de Paris-Plage.
Pourtant, tout ça ne semble gêner personne !
Bref, il me reste 125 jours de travail effectif jusqu'à fin mai, alors ça va ! Et le 1er octobre, je rentre au bled pour mon week-end de 4 jours !
Mais j'ai bon moral, finalement, je me découvre un petit côté casanier pas désagréable. Sur ce, je m'en vais mitonner un petit plat que vous m'en direz des nouvelles ! Dieu merci, il me reste du Melfor (on en trouve aux Galeries Lafayette mais genre à 4€ la bouteille dans le rayon épicerie fine, et les cervelas à 19€ les je-sais-pas-combien de grammes !!! Wow ! Mais il y a du Maggi et de l'Aromat au Carrefour.)

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